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Euractiv - Par Alejo Vidal-Quadras - Plus la discorde persiste en Occident sur les moyens de répondre aux opérations secrètes iraniennes, plus ces opérations auront un impact.

Facebook et Twitter ont récemment annoncé qu'ils avaient supprimé des centaines de comptes à la suite des révélations de la cybersécurité FireEye, qui les a identifiés comme étant liés à des campagnes de désinformation coordonnées provenant de la République islamique d'Iran.

La fermeture de plus de 652 pages Facebook et près de 300 comptes semble confirmer, alors que les efforts iraniens pour influencer l'opinion publique en Occident étaient déjà bien connus, qu'ils étaient en fait beaucoup plus importants qu'on ne le pensait auparavant.

La campagne iranienne aurait été moins sophistiquée que sa contrepartie russe plus largement diffusée, mais elle représente une menace sans cesse croissante pour l'intégrité politique des États-Unis et de l'Europe, et peut-être aussi pour les conséquences politiques de ces pays.

Dans la mesure où cette infiltration ou d'autres efforts d'infiltration iraniens s'avèrent fructueux, ces résultats pourraient poser des risques pour la sécurité occidentale, la stabilité mondiale et les vies et les perspectives politiques des militants iraniens qui s'efforcent de transformer leur pays en quelque chose qui n'est plus un danger pour le monde et qui correspond davantage aux intérêts et aux valeurs des nations démocratiques.

Cette dernière menace est évidente dans certains sujets spécifiques que la nouvelle campagne tentait d'aborder. Le Daily Beast a rapporté que certains comptes fermés avaient "ciblé les opposants au gouvernement iranien, y compris le groupe en exil des Moudjahidine du peuple, ou OMPI, qui prône le renversement du gouvernement religieux iranien".

Il convient de mentionner que l'OMPI, connue en anglais sous le nom de People's Mojahedin Organisation of Iran (PMOI), est également reconnue comme une force motrice derrière les protestations anti-gouvernementales qui ont surgi dans tout l'Iran ces derniers mois, depuis le déclenchement d'un soulèvement national à la fin de 2017 et au début de 2018.

Campagne de désinformation

La campagne de désinformation occidentale est loin d'être la mesure la plus extrême que le gouvernement iranien a utilisée pour réprimer cette dissidence. En juin, deux agents iraniens, sous la direction d'un diplomate iranien de premier plan à Vienne, ont cherché à atteindre un rassemblement à Paris organisé par le Conseil national de la Résistance iranienne (CNRI), une coalition politique qui comprend l'OMPI.

Leur but était de faire un attentat à la bombe contre cet événement, auquel participaient des dizaines de milliers d'expatriés iraniens et des centaines de dignitaires politiques des États-Unis, d'Europe et d'ailleurs, mais le complot a été déjoué et les explosifs ont été saisis par les autorités européennes.

L'importance de ce fait a été amplifiée ce mois-ci lorsque l'on a appris ce mois-ci que les États-Unis avaient inculpé deux ressortissants iraniens qui espionnaient sur le territoire américain pour le compte de la République islamique d'Iran. Leurs efforts avaient également été dirigés en grande partie contre l'OMPI, ce qui met en évidence le spectre imminent du terrorisme résultant des tentatives iraniennes d'espionnage, de désinformation ou d'infiltration.

Mais même si de telles campagnes n'atteignent pas le point de détruire la vie ou les biens des Occidentaux, elles représentent toujours une menace sérieuse contre laquelle tous les peuples et gouvernements de l'Ouest doivent être également sur leurs gardes. Cela est d'autant plus vrai à une époque où la République islamique continue d'être secouée par des manifestations antigouvernementales.

Comme la discorde persiste dans tout l'Occident sur les moyens appropriés pour répondre à cette crise, la désinformation iranienne pourrait avoir un impact décisif. Les États-Unis ont récemment annoncé la création d'un groupe d'action pour l'Iran dont la mission déclarée est de faciliter un changement global dans le comportement du gouvernement iranien.

L'escalade des protestations à l'intérieur du régime montre clairement que cet objectif est beaucoup plus facile à atteindre que certains pourraient le supposer - surtout si ces personnes ont lu à leur insu la propagande iranienne qui qualifie l'OMPI et ses affiliés de l'opposition comme des terroristes ou comme n'importe quoi d'autre que des alliés naturels de l'Europe et des démocraties occidentales.

Cette semaine, Reuters a rapporté que la France a interdit à ses diplomates de se rendre en Iran à la suite du complot terroriste iranien déjoué contre le rassemblement du CNRI à Paris en juin.

La vérité est que la présidente du CNRI, Maryam Radjavi, a esquissé un plan en dix points pour l'avenir du pays, qui décrit bien les valeurs universelles de gouvernance démocratique, de laïcité, d'autodétermination, d'abolition de la peine de mort et de garanties des droits de l'homme pour toutes les personnes sans distinction de sexe, d'appartenance ethnique ou religieuse.

De plus, bien que le peuple iranien ne soit pas en mesure d'atteindre le public international avec le genre de messages coordonnés que déversent Téhéran, il est de plus en plus évident qu'une grande partie de la population iranienne soutient un tel changement de régime.

Tout ce qu'il faut dans ces circonstances, c'est le soutien international le plus élémentaire. Les décideurs politiques européens ne doivent pas permettre que la désinformation iranienne fasse dérailler cela. Et en même temps, ils ne doivent jamais perdre de vue le fait que Téhéran ne ménagera aucun effort pour empêcher la poursuite de l'activisme pro-démocratie, à l'intérieur du pays comme à l'étranger.

Tant que cet activisme ne triomphera pas du régime clérical, le monde devra rester sur ses gardes, en prenant des mesures chaque fois que possible pour perturber les efforts iraniens en matière de cyberespionnage, d'infiltration, de terrorisme, et autres.

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Alejo Vidal-Quadras, professeur espagnol de physique atomique et nucléaire, a été vice-président du Parlement européen de 1999 à 2014. Il est actuellement président de l'International Committee In Search of Justice (ISJ), basé à Bruxelles.

 

IRAN 
Septembre 2018

  18 exécutions

(Janvier: 22 exécutions, février: 17 exécutions, mars: 12 exécutions, avril: 33 exécutions, mai: 19 exécutions, juin: 17 exécutions, juillet: 40 exécutions, aout : 28 exécutions)

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En 2017 = 544 EXECUTIONS

En 2016 : 553 EXECUTIONS

En 2015 : 966 exécutions