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Le Monde - En juin, lors d’un conseil de défense, il a été demandé aux services secrets français, pour faciliter le dialogue avec Téhéran, de mettre en sourdine leurs inquiétudes sur ce qu’ils qualifient de « terrorisme d’Etat ».

Si les services de renseignement occupent aujourd’hui une place centrale dans les affaires du monde, ils doivent, parfois, taire leurs exigences face au pouvoir politique. Ce fut ainsi le cas, en juin, lors d’un conseil de défense qui réunit, chaque semaine, les principaux acteurs de la sécurité du pays autour du chef de l’Etat, Emmanuel Macron.

Alors que la discussion abordait la question iranienne et le rôle que pouvait jouer la France pour sauver ­l’accord de Vienne sur le nucléaire iranien, il fut demandé aux services secrets français, pour faciliter le dialogue avec Téhéran, de mettre en sourdine leurs inquiétudes sur ce qu’ils qualifient de « terrorisme d’Etat » de Téhéran.

Projet d’attentat avorté à Villepinte 

Les services français ont toujours à l’esprit, en effet, le projet d’attentat avorté ayant ciblé, le 30 juin 2018, un rassemblement, à Villepinte, au nord de Paris, des Moudjahidine du peuple, mouvement d’opposition au régime iranien. La tentative avait échoué après l’arrestation en Belgique, le jour même, d’un couple d’origine iranienne. Les enquêteurs avaient trouvé dans leur véhicule 500 grammes d’explosifs de type TATP et un détonateur. A en croire les services de renseignement, ils recevaient leurs ordres d’un diplomate iranien, Assadollah ­Assadi, en poste en Autriche depuis 2014.

Une grande part des informations avaient été fournies aux Français et aux Belges par le Mossad, l’un des services secrets israéliens. « Cetteaffaire est gravissime, elle aurait pu faire un carnage, assure un membre de la communauté du renseignement français, c’est notre Skripal à nous [Sergueï Skripal, un ex-agent russe passé à l’ennemi britannique, fut victime, en mars 2018, d’une tentative d’empoisonnement, dans le sud de l’Angleterre, perpétrée par le renseignement militaire russe], mais il faut faire profil bas. »

La certitude de l’implication du régime iranien fut si forte que, le 2 octobre 2018, Paris accusa publiquement l’Iran d’avoir commandité le projet, ce que Téhéran a vivement démenti. Le gouvernement français annonça qu’il allait geler les avoirs en France du vice-ministre du renseignement iranien chargé des opérations, de M. Asadi et de la direction de la sécurité intérieure du ministère du renseignement de Téhéran. Un espion iranien, agissant sous couverture diplomatique à Paris, fut expulsé en septembre 2018. Mais, selon les services, la riposte française est loin d’avoir été à la hauteur, d’autant que les personnes visées n’avaient pas d’actifs en France.

M. Asadi, lui, a été arrêté en Allemagne et expulsé en Belgique. Le 8 janvier 2019, l’Union européenne imposa des sanctions sur les éventuels avoirs des entités et personnes désignées par la France. Une décision qui faisait suite à la série d’assassinats et de projets d’attentats ayant également visé des ressortissants iraniens aux Pays-Bas et au Danemark.

Sans doute une forme de consolation pour le renseignement français, le document, publié, mi-juillet, par l’Elysée, sur la stratégie nationale du renseignement, véritable feuille de route, mentionne qu’« il convient de rester vigilant à propos du “terrorisme d’Etat” car certains pays ont toujours la tentation (…) d’utiliser leurs propres services de renseignement pour mener des attentats, notamment contre des opposants politiques ».

 

IRAN 
OCTOBRE 2019

 13 exécutions

Janvier: 39 exécutions; Février: 7 exécutions; Mars: 16 exécutions ; Avril: 28 exécutions; Mai: 5 exécutions; Juin: 22 exécutions; Juillet: 38 exécutions; Aout: 40 exécutions; Septembre: 18 exécutions

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En 2018 = 293 EXECUTIONS

En 2017 = 544 EXECUTIONS

En 2016 = 553 EXECUTIONS

En 2015 : 966 exécutions

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