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Iran Manif - « Il y a 35 ans, en pleine révolution antimonarchique en Iran, je suis entré au ministère des Affaires étrangères, dans l’espoir qu’avec mes diplômes, je pourrai servir les intérêts nationaux de mon pays et de mon peuple. Après les événements du 21 juin 1981, tous ces espoirs ont disparu et nous avons vu comment cette souveraineté populaire et ces intérêts ont été piétinés par Khomeiny et ses partisans », a déclaré Nader Nouri, représentant de l’association des experts et des diplômés iraniens en France.

Il s’exprimait le 8 février à la Convention des associations iraniennes pour la démocratie qui réunissait 302 associations venus de toute l’Europe, d’Amérique du Nord et d’Australie autour de la dirigeante de l’opposition iranienne Maryam Radjavi. Des personnalités internationales étaient elles aussi venues leur apporter leur soutien.

Voici les moments forts de l’intervention de Nader Nouri :

Par conséquent pour moi c’était très clair, en raison des principes auxquels je croyais, de rejoindre la résistance et je suis resté en exil. C’est là où au cours de mes études et de mon travail, nous avons créé avec des amis l’association des experts et des diplômés iraniens en France et nous nous sommes mis au service de notre fière résistance. Voilà 33 ans que nous faisons cela.

Comme nous sommes en France je voudrais m’arrêter quelques instants sur le climat qui a été créé après l’accord nucléaire de novembre passé. Comme nous avons peu de temps, je dirai d’abord ce qu’en pense les membres de notre association. Certes nous savons tous que notre pays traverse la plus grande crise de son histoire quoique cette crise dure depuis 12 ans, depuis que la résistance a révélé les activités nucléaires secrètes du régime qui les avait dissimulées par la tromperie. Ce n’est que dernièrement, qu’il y a eu un changement en raison de la situation particulière que le régime connait, avec la venue de Rohani, des événements qui l’ont entourée et l’accord de Genève.

Cela fait deux mois que le régime déploie des efforts très importants, parallèlement aux négociations qu’il avait commencées avant, et cela pose la question suivante : d’où vient ce changement de climat ? Qu’est-ce qui a poussé ce régime, la personne même de Khamenei, a accepté de ralentir les activités d’enrichissement d’uranium qui sont la clé de leur programme de fabrication d’arme nucléaire ?

Pour nous la réponse était claire. Le régime est entré dans sa phase terminale et les signes sont manifestes. Tout d’abord, l’éternel conflit du régime avec le peuple, avec la résistance, avec les défenseurs de la liberté. Il y a quatre ans, en juin 2009 et jusqu’en 2010, le régime a réprimé ce mouvement qu’on a appelé à l’étranger le printemps iranien. C’est à ce moment que l’aura de Khamenei s’est brisée. Les cris de « A bas Khamenei, A bas le dictateur » ont retenti et les luttes intestines internes se sont aggravées. Ainsi donc en premier lieu, c’est sa confrontation avec la population qui l’a mené à cette étape.

En second lieu, comme Rohani l’a reconnu, au cours de ces douze années, le programme atomique a malheureusement avancé grâce à la politique de complaisance de l’Occident. Ils sont passés de quelques centaines de centrifugeuses à 19.000. Le programme est devenu si dangereux que partout, aux USA et en Europe ils s’en sont aperçus, mais cela fait à peine deux ans que des sanctions financières sérieuses ont été imposées au régime. Des sanctions qui l’étranglent.

Troisième point : Les conflits internes se sont accentués. Khamenei a apporté son soutien à Rohani. Il a mené les négociations avec le Grand Satan, comme il l’appelle lui-même, quelques mois avant l’arrivée de Rohani, qui est de la faction adverse. Mais il l’a soutenu, parce que le problème est vital pour lui : il fallait lever les sanctions.

On a vu qu’à cet effet la machine de la propagande s’est mise en route en France. On a trompeté dans la presse qu’il y aurait de l’or à Téhéran et à Qom, qu’il fallait se dépêcher. Les chefs d’entreprise et même des universitaires et des intellectuels y ont couru, et même cet intellectuel ex-révolutionnaire dont je tairai le nom – nous le connaissons, quand il était plus jeune il avait un honneur. C’était un progressiste. Moi-même je traduisais ses textes en cachette. Dans un grand quotidien français, la semaine dernière, il dit sans vergogne : allez voir, il y a plus d’étudiantes que d’étudiants, il y a plus d’internautes en Iran qu’en Turquie, allez voir de près, il n’y a pas de dictature. Vous y verrez un mélange fin de démocratie et de théocratie.  Les jeunes consomment nos produits, ne s’occupent pas du pouvoir, etc.



Le régime dépense beaucoup dans ce domaine, mais il a les mains vides. Il fait miroiter des choses et attire les entreprises étrangères. Il utilise ici et là des diplomates à la retraite qui veulent se faire un nom et sans doute se remplir les poches. Pourquoi ? Pour qu’ils fassent pression sur les gouvernements occidentaux et qu’ils règlent son problème essentiel que sont les sanctions. Il cherche à utiliser les failles et les conflits entre les pouvoirs occidentaux pour faire alléger les sanctions et continuer son programme nucléaire, un programme qu’il n’arrêtera pas.

Dans la région, les plans du régime se heurtent à de véritables obstacles. Il s’est retrouvé confronté il y a trois ans au printemps arabe, en particulier à la révolte du peuple syrien, et en Irak, le peuple irakien s’est révolté contre le régime répressif et corrompu de Nouri Maliki. Cela a créé de nombreuses difficultés au régime. Et c’est venu s’ajouter à la question nucléaire. Il veut mélanger tout ça et tenter de s’en sortir. Il n’y réussira pas, mais il faut une grande vigilance.
Il faut dire aux milieux concernés, aux intellectuels, aux organisations, aux associations d’être vigilants. Comme l’a dit la présidente élue, Maryam Radjavi, forcez-le à appliquer l’accord nucléaire de Genève, qu’il y ait des inspections inopinées. S’ils veulent vraiment mettre fin à son programme atomique, ils doivent le faire.

Avec notre peuple et en tant que membres de la résistance, nous ne voulons pas avec l’expérience que nous avons depuis  35 ans, connaitre le même sort que celui de certains pays de la région soumis au jeu géopolitique des puissances et qui souffrent de l’absence d’une résistance organisée. Heureusement que notre peuple, lui, a cette chance.


Ce philosophe français qui est parti en Iran ne s’est pas contenté de faire miroiter la situation aux chefs d’entreprises. Il a aussi porté un coup bas à la résistance iranienne avec des étiquettes que le régime ne cesse de répéter depuis des années. Plus la campagne de propagande du pouvoir s’accentue et plus il attaque la Résistance. Mais c’est aussi ce qui permet à notre peuple d’ouvrir davantage les yeux et de comprendre la grande valeur de cette résistance. Comment elle a tenu plus de 33 ans la tête haute. C’est ça qui a poussé le régime à commettre ce massacre sauvage à Achraf. A l’heure qu’il est, la presse du régime dit à ce philosophe d’attaquer encore plus la résistance.

C’est ce qui nous pousse à renforcer nos rangs, qui nous motive à nous serrer les coudes et à créer davantage de solidarité au sein de notre peuple, parce que tous les Iraniens épris de liberté savent qu’une meilleure vie, dans l’honneur, la liberté et la dignité est impossible avec ce régime et qu’il faut changer de régime, il faut le renverser. Aussi faisons cent fois plus d’efforts jusqu’à un changement démocratique en Iran, la venue de la liberté, des droits humains et d’une meilleure vie pour notre peuple, qui ne pourra se faire qu’avec le renversement de la dictature religieuse.

IRAN 
DECEMBRE 2019

 29 exécutions

Soulèvement national

1500 manifestants tués

4000 blessés

12.000 arrestations

dans 191 villes insurgées

Janvier: 39 exécutions; Février: 7 exécutions; Mars: 16 exécutions ; Avril: 28 exécutions; Mai: 5 exécutions; Juin: 22 exécutions; Juillet: 38 exécutions; Aout: 40 exécutions; Septembre: 18 exécutions; Octobre: 23 exécutions; Novembre: 15 exécutions

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En 2018 = 293 EXECUTIONS

En 2017 = 544 EXECUTIONS

En 2016 = 553 EXECUTIONS

En 2015 : 966 exécutions

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