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Iran Manif - Le diable ouvrira-t-il les portes de l'enfer à la concurrence? C'est ce que souhaitent les Iraniens qui scandaient à tue-tête dans la soirée du 31 juillet à Karadj : « Canons, tanks et grenailles, que les mollahs aillent au diable ! »

Dans cette mégapole qui flirte avec Téhéran et qui porte en son flanc, comme trois plaies, trois prisons au record d'exécutions, la jeunesse est descendue dans la rue pour dénoncer la misère, la crise et la répression.

Les mollahs en ont encore pris pour leur grade : « les gens mendient pendant que ces messieurs vivent comme des rois ». Les sanctions américaines ne sont pas encore tombées et pourtant en six mois le pouvoir d'achat a été divisé par deux en Iran.

Le régime a sorti sa panoplie habituelle de forces répressives, gaz lacrymogène et matraques, mais les jeunes ont attisé les flammes de la colère.

Les femmes étaient partout, dans les cortèges, dans les affrontements, dans la rue à huer les agents, à les défier : « Je n'ai peur de rien moi », criait l'une d'entre elle à la police qui la menaçait. « Touche moi et tu vas voir! », lançait une autre un énorme nervis qui jouait de la matraque à tout va. Les femmes en Iran sont un moteur du soulèvement. Qu'ont-elles à perdre? Plus rien. Qu'ont-elles à gagner ? Tout !

La journée du 31 juillet a mis la dictature en branle-bas de combat en Iran. D'Ispahan à Racht, de Chiraz à Karadj et jusqu'à Téhéran, les Iraniens ont laissé éclater leur colère. « A bas le chômage ! A bas la vie chère ! » et jusqu’au point final : « A bas la dictature !». 

Dans les cortèges de camionneurs et de commerçants en grève, femmes et jeunes appelaient le reste des habitants à se joindre à eux : « Tout le monde nous a rejoint, seuls les lâches restent à la maison », et « Iranien, ça suffit, montre ton courage ! »

En cette période de canicule et de sécheresse en Iran, le vent du boulet fait office de ventilateur pour les mollahs. Près d’une semaine de grève des camionneurs a commencé à paralyser le pays. Les queues s’allongent devant les stations-services, Les marchés sont vides. Le pouvoir religieux se souvient que c’est la grève des ouvriers du pétrole qui avait porté le coup de grâce au régime du chah.

Les bazaris qui ont pris le relais en égrenant leurs grèves de ville en ville font peur aux mollahs qui se targuaient il y a encore deux mois de trouver en eux une base sociale. Jusqu’à ce que fin juin, la dévaluation de la monnaie iranienne leur fasse baisser les rideaux et les poussent dans la rue à conspuer la dictature.

Le vent de la révolte souffle de toute part en Iran. N’en déplaise aux partisans de la complaisance avec les mollahs et à leurs lobbies à l’étranger qui s’étranglent à jurer qu’elle n’existe pas, l’alternative démocratique est prête. Le CNRI et sa présidente Maryam Radjavi ont un programme et une structure déclarés et bien connus, renforcés par un mouvement de soutien international. Mouvement si fort que les mollahs ont essayé de commettre un attentat contre lui à Villepinte le 30 juin où étaient rassemblés des dizaines de milliers d’Iraniens et de personnalités politiques des cinq continents. Ils étaient venus exprimer leur soutien à un Iran libre sous la houlette de Maryam Radjavi. Femme et musulmane opposée au fanatisme des mollahs, tout un symbole.

Pour recouvrir la liberté, les Iraniens sont bien décidés à envoyer les tyrans en Enfer. La question se pose à nouveau : le Diable ouvrira-t-il ses portes à la concurrence ?