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El Arabiya - Lorsque la classe pauvre d'une nation n'a rien à perdre et que la famine l'oblige à chercher sa nourriture dans des poubelles, lorsque que toute critique du mode de vie luxueux de ses oppresseurs se heurte à une répression brutale, ni les balles ni les arrestations massives ne peuvent l'empêcher de protester contre le statu quo.

A une époque où les masses ne voient qu'un sombre avenir pour elles et leurs familles, tout effort organisé de l'opposition pour abattre le mur de la répression favorisera une culture de résistance et encouragera la majorité silencieuse à se joindre aux manifestants qui ont faim dans la rue.

Lorsque la classe dirigeante aisée est minée par la corruption et que le système dirigeant ne peut plus tromper les gens à cause des conflits croissants au sein de l'establishment et qu'il est incapable de rétablir le climat de peur de ses organes de sécurité à cause de la perte d'influence idéologique, un véritable changement en faveur de la classe pauvre est inévitable.

Ce qui précède est la définition même d'une situation révolutionnaire dans une société.

Cependant, lorsqu'il existe aussi un mouvement de résistance populaire déterminé à renverser le système autoritaire, aucun pouvoir, aucun opportuniste rusé ni aucun accord en coulisses ne peut donner des garanties de sécurité à la classe dirigeante et assurer sa survie en stoppant le changement dont l'heure est venue.

Telle est la situation actuelle de la société iranienne.

Les discussions sur la réforme de la République islamique ont dominé le débat sur l'Iran pendant près de vingt ans. Mais cette illusion n'a eu pour résultat qu'un pays détruit avec des attaques constantes de l'État contre les libertés civiles et les droits fondamentaux des citoyens, une économie chancelante, un taux de suicide élevé (en raison des difficultés sociales et économiques) et une crise environnementale.

Au début de l'année, des Iraniens pauvres et affamés se sont dressés contre le régime dans au moins une centaine de grandes et petites villes, bien que les autorités aient répondu par des balles à leurs demandes légitimes. À l'époque, la classe moyenne ne s'y était pas jointe en raison des risques élevés associés à la dissidence.

Aujourd'hui, dans la chaleur de l'été iranien, un scénario différent se joue dans les rues d'Iran. Pendant six jours consécutifs, les protestations antigouvernementales des Iraniens excédés par les difficultés économiques de leur pays se sont étendues à dix grandes villes et sont devenues violentes.

Cette fois, c'est différent

Ce qui rend cette vague de manifestations différente, c'est que le peuple en a assez d'être volé par le régime en place et a décidé de sortir dans la rue.

Hassan, un employé de la banque Sepah à Ispahan dont le nom de famille n'est pas communiqué pour des raisons de sécurité, m’a dit que « jusqu'à l'année dernière, ma famille et moi pouvions nous permettre de vivre si je travaillais dur et économisais, mais maintenant c'est impossible. Pendant ce temps notre argent est dépensé en Syrie et en Irak ou est volé par des officiels et leurs enfants. »

« Je n'ai pas participé aux manifestations nationales en janvier dernier parce que je pensais que ce n'était pas mon problème, mais maintenant les citoyens de la classe moyenne comme moi s'appauvrissent rapidement », ajoute-t-il.

J'ai entendu des histoires similaires à celle d'Hassan de la part d'une dizaine personnes et la plupart disaient qu'elles seront forcées de prendre le risque de se joindre aux manifestants si la situation ne changeait pas.

Une répression brutale

La répression brutale du régime iranien montre qu'il est incapable de répondre aux demandes légitimes de la population dans la rue.

On pourrait argumenter qu'une situation révolutionnaire avec des manifestants dans les rues a besoin d'un mouvement d'opposition organisé et d'un leadership fort, capable d'articuler les exigences des pauvres et de la classe moyenne dans une feuille de route claire pour réussir.

Ces ingrédients essentiels à la victoire sont apportés par la coalition de l'opposition, le Conseil national de la Résistance iranienne (CNRI), et sa principale composante organisée, l'Organisation des Moudjahidine du peuple d'Iran (OMPI), parmi les divers groupes d'opposition iraniens.

L'OMPI et le CNRI ont mené la lutte contre le régime iranien pour un Iran libre, démocratique et laïque durant les 40 dernières années et sont l'opposition la plus redoutée par le Guide suprême et les responsables du régime.

Ces derniers jours, l'OMPI a organisé des manifestations anti-régime par le biais de son réseau à l'intérieur de l'Iran pour aider la population à briser la répression brutale des Gardiens de la Révolution (pasdaran), forçant le Guide suprême et d'autres hauts responsables à reconnaître publiquement cette réalité.

Perdant la lutte intérieure face aux forces du changement démocratique, le régime iranien cherche désespérément à détourner la crise en provoquant une tension militaire contrôlée dans la région.

Considérant la situation dans les rues d'Iran, l'administration Trump ne devrait pas tomber dans le piège de la théocratie, car les religieux cherchent les moyens d'assurer leur survie. Au contraire, elle doit continuer à soutenir les manifestants dans les rues d'Iran, comme l'a fait récemment le secrétaire Pompeo dans son discours devant la communauté irano-américaine.

 

 

IRAN 
Octobre 2018

  15 exécutions

(Janvier: 22 exécutions, février: 17 exécutions, mars: 12 exécutions, avril: 33 exécutions, mai: 19 exécutions, juin: 17 exécutions, juillet: 40 exécutions, aout : 28 exécutions; septembre : 33 exécutions)

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En 2017 = 544 EXECUTIONS

En 2016 : 553 EXECUTIONS

En 2015 : 966 exécutions