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Iran Manif - La multiplication des manifestations en Iran allant de pair avec une crise économique aigue et un rejet général de la dictature, ont poussé les mollahs dans leurs retranchements. Pour éviter les foudres populaires, les imams du vendredi, porte-parole officiel du pouvoir, se lancent dans des diatribes alambiquées qui traduisent surtout la panique qui s'est emparée de tout le système.

Alors que jusqu'en janvier 2018 il était de mise de minimiser la résistance, voire de nier l'existence de la principale opposition démocratique, les Moudjahidine du peuple d'Iran (OMPI), les manifestations qui durent depuis huit mois ont fonctionné à merveille pour délier les langues, à la manière d'un puissant laxatif. Tous, de Khamenei, le guide suprême des mollahs, au petit hodjatoleslam de quartier, désignent jusqu'à plus soif l'OMPI comme le détonateur du soulèvement et le facteur qui entretient les braises de la colère urbaine et agricole dans tout le pays. Mais la palme revient quand même aux imams du vendredi qui déblatèrent à qui mieux mieux sur le sujet, la peur aux tripes, qu'ils ont fort grasses.

La "noix d'honneur"

La "noix d'honneur" cette semaine a été doctement décrochée par l'imam du vendredi de Pardissan dans la ville de Qom, l'usine à mollahs : "J'appelle toutes les forces révolutionnaires (pasdarans, miliciens et psychopathes) à descendre dans la rue partout où il y a des protestations et à lancer des slogans avec les manifestants, avant que les Moudjahidine du peuple ne viennent changer les mots d'ordre et détourner les manifestations." On ne peut que l'encourager dans ce sens quand on sait que les cortègent commencent par scander "Notre ennemi est ici même, ils mentent quand ils disent que c'est l'Amérique", ou encore "Canon, tanks et grenailles, que les mollahs aillent au diable !" dans la version polie.

Bien souvent aussi, c'est un tremplin direct pour "A bas la dictature !". On imagine avec gourmandise des hordes de miliciens barbus conspuant la tyrannie religieuse dans les rues. Le mollah de Qom poursuit son sermon devant une foule hirsute d'intégristes en tout genre addicts de la répression, du vol et de la corruption : " Il faut se mettre du côté du peuple. Il a raison de protester. Est-ce qu'il ne vous arrive pas aussi de protester ? Les gens c'est pareil. Protester ça ne veut pas dire être contre-révolutionnaire. Alors quand nous on proteste, on est contre-révolutionnaires ? Les imams du vendredi sont contre-révolutionnaires ? Le guide suprême est contre-révolutionnaire ?" C'est là où on sent monté un "oui" massif de tous les coins d'Iran.

Le vendredi 10 aout, son collègue de Qazvine, au nord-ouest de Téhéran, a lâché dans son sermon : " Aujourd'hui, l'OMPI veut profiter de la situation et des difficultés économiques actuelles pour mettre en œuvre ses plans. L'an dernier (décembre et janvier) les Moudjahidine ont mis le feu à 300 villes. Et cette année (iranienne qui commence le 20 mars), 24 villes ont connu des troubles."  Aïe, il a dû se mordre la langue pour avoir donné des chiffres sur un sujet tabou.

La réponse a fusé samedi 11 aout du stade Azadi de Téhéran où la foule immense des spectateurs venus pour un match de foot s'est mise à crier "A bas la dictature !". Et malgré une répression sévère, ces cris ont retenti à la sortie jusque sur la place Azadi de Téhéran. Il n'y avait pas un seul agent du régime aux côtés des Iraniens en colère... ils étaient tous en face, la matraque à la main.

IRAN 
Octobre 2018

  15 exécutions

(Janvier: 22 exécutions, février: 17 exécutions, mars: 12 exécutions, avril: 33 exécutions, mai: 19 exécutions, juin: 17 exécutions, juillet: 40 exécutions, aout : 28 exécutions; septembre : 33 exécutions)

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En 2017 = 544 EXECUTIONS

En 2016 : 553 EXECUTIONS

En 2015 : 966 exécutions